Karmine Corp au MSI 2026 : Zeph vise le titre et refuse d’envisager la défaite

Quentin « Zeph » Viguié, coach assistant de la Karmine Corp, s’est confié à la veille du play-in du MSI 2026 à Daejeon, en Corée du Sud. Quatre équipes – KC, T1, Team Liquid et Deep Cross Gaming – se disputent l’unique billet disponible pour rejoindre les sept équipes déjà qualifiées dans le tableau principal. Zeph n’y va pas par quatre chemins : pour lui, il n’y a aucune raison que la Karmine Corp ne gagne pas ce tournoi.

Préparation et état d’esprit après la finale LEC

Comment l’équipe a-t-elle géré la période entre la finale LEC et le départ pour la Corée ?

Après la défaite 3-2 contre G2 en finale du LEC Spring, les joueurs ont pris quelques jours. Martin « Yike » Sundelin et Caliste « Caliste » Henry-Hennebert sont rentrés chez eux, les joueurs coréens ont regagné la Corée plus tôt, et Alan « Busio » Cwalina est resté à Berlin. L’équipe au complet a atterri à Daejeon le 17 juin.

Le bootcamp se déroule dans les bureaux de T1 Academy. Sur les conditions d’entraînement, Zeph est lapidaire : « C’est le bonheur. » Ce qui l’est un peu moins, c’est la manière dont s’est conclue cette finale – notamment le game 5, qu’il attribue en partie à des choix de draft qui ont laissé l’équipe sans les outils nécessaires dans la décision.

Est-ce que la frustration de cette défaite a pesé sur le groupe au moment de repartir ?

Zeph reconnaît que les joueurs ont mieux tourné la page que lui. Il identifie un chantier prioritaire pour ce bootcamp : élargir les champion pools pour ne plus jamais être bloqué stratégiquement en champ select. L’objectif est que l’équipe soit à l’aise dans toutes les configurations de draft, sans zone d’inconfort exploitable par l’adversaire.

Sur le plan pratique, KC scrimmait au moment de l’interview contre G2 – littéralement à cinq mètres de leurs propres postes – mais aussi contre T1, des équipes nord-américaines et des formations LCK. Les équipes chinoises n’avaient pas encore été au programme, mais Zeph anticipait que ça arriverait rapidement.

Lecture des adversaires : DCG, T1 et le reste du tableau

Deep Cross Gaming est leur premier adversaire. Est-ce que KC le traite comme un match piège ?

Non, sans hésitation. Zeph s’appuie sur son expérience face à Team Secret Whales aux Worlds précédents, alors qu’il coachait KOI – TSW est également une équipe du circuit LCP. Son analyse : les équipes de cette région jouent sur le chaos en early game, cherchent l’aggression, mais ont tendance à manquer de ressources passé les cinq premières minutes.

La préparation face à DCG n’est donc pas fondamentalement différente de celle prévue contre G2 ou T1. L’enjeu est de ne pas leur donner les situations chaotiques dont elles ont besoin pour exister. Rester propres, maîtriser l’early, ne pas tomber dans leur jeu.

KC risque d’affronter T1 deux fois dans ce play-in – une première fois en poule, potentiellement une seconde en match décisif pour la qualification. Comment vous préparez-vous à ça ?

Zeph admet que le scénario d’un double affrontement contre T1 – et Faker – n’a pas été sujet à discussion approfondie en interne. La priorité reste de battre DCG d’abord, ce qui donnerait des informations précieuses sur l’état de forme de l’équipe avant une éventuelle confrontation avec les triples champions du monde.

Il soulève un point tactique intéressant : gagner un premier match en étant confiant dans sa draft peut se retourner contre soi si l’adversaire arrive au deuxième affrontement avec un contre-plan ciblé. Le vrai travail sera de savoir adapter la lecture de draft en cours de tournoi, sans s’enfermer dans ce qui a fonctionné une fois. Pour avoir plus de contexte sur l’influence de Faker dans l’écosystème compétitif mondial, le personnage reste une référence à part entière, même dans les discussions de préparation d’un coach EMEA.

Draft, rôle du coach et ambitions au MSI

Quelle est votre approche de la draft dans un contexte international où les équipes se connaissent moins bien ?

Zeph a passé une partie du bootcamp à analyser les drafts des autres régions pour identifier ce qui pourrait nécessiter une adaptation du style de KC. L’objectif n’est pas de tout changer, mais de comprendre si certains schémas habituels fonctionneront face à des équipes qui n’ont pas la même lecture du méta que les formations LEC. Son double rôle de coach de KC et de sélectionneur de l’équipe de France dit beaucoup sur la confiance que l’organisation place dans sa capacité à structurer un staff et une approche de préparation.

Comment évaluez-vous la position de Karmine Corp dans ce MSI ?

Difficile à dire avant d’avoir joué contre T1, répond Zeph. Si KC passe, il considère que l’équipe a une bonne position dans le tableau. Il note que le MSI est aussi une affaire de tirage : certaines équipes peuvent éviter le favori le plus long possible et se retrouver en finale sans l’avoir affronté. TSW est une équipe agressive, LYON est « plutôt bonne » côté Amérique du Nord, mais rien ne lui semble insurmontable.

L’absence de Gen. G – double tenant du titre – libère de la place. Et si BLG, champion LPL et vainqueur du First Stand, connaît une mauvaise journée, la fenêtre s’ouvre encore davantage. KC avait validé son billet pour ce MSI en dominant Movistar KOI 3-0 en finale du lower bracket LEC Spring – une performance qui avait confirmé que l’équipe n’arrivait pas en Corée pour faire de la figuration.

Qu’est-ce qui définirait une réussite à ce MSI ?

La réponse de Zeph est directe :

« Battre T1, c’est la première étape. Il n’y a aucune raison que KC ne gagne pas le MSI. Je ne vois pas pourquoi on aurait des raisons de perdre contre ces équipes-là. »

Il tempère aussitôt : KC peut être contré, comme G2 les contre régulièrement. Mais les défaites ne sont pas des humiliations – les matchs sont serrés, la marge est faible, et chaque série perdue est un apprentissage. Son horizon n’est pas uniquement ce tournoi.

« Il y a un moment où on va les battre. C’est juste une question de temps. »

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